Une AOC est marquée par son sol et son microclimat. Pour que la vigne saisisse parfaitement ces originalités il faut une déontologie très rigoureuse que nous avons adoptée depuis longtemps (depuis 1984 tout le vignoble est en biodynamie).

Apport de compost sur les vignes ; ce compost vient de notre troupeau de 10 vaches Nantaises (race en disparition) et Highlands (habituées aux zones inondables) et de 2 taureaux pour éviter l’insémination artificielle qui génère dans le long terme un déséquilibre.

Les vaches sont nourries à l’ancienne, avec du grain, des betteraves et du foin, le tout fait essentiellement sur place. Cette nourriture marquée par le lieu, fera un compost adapté au lieu. Ce compost reçoit les préparations en biodynamie.

En-herbement naturel où avec le temps des dizaines d’espèces de plantes intéressantes poussent près des vignes. Ceci limite les effets négatifs de la monoculture. Chaque racine génère, en l’absence de désherbants – systématiquement interdit ici depuis 20 ans y compris sur les allées – des micro-organismes différents qui permettront aux vignes de bien saisir toutes les subtilités du sol (mycorhize).

Travail minimal du sol (chaussage et déchaussage du rang) pour ne pas mélanger les différents horizons de vie du sol. Sur la partie faite au cheval (1 hectare et demi de vignes, presque centenaires), les sols sont entièrement labourés.

Pendant l’hiver et sur la plupart des parcelles, passage d’un troupeau de moutons d’Ouessant très rustique qui se nourrit de l’en-herbement et le convertit en fumure ! Au printemps un poulailler portatif est installé sur les parcelles où il y a des escargots. Une dizaine de ruches sont réparties sur le domaine afin d’assurer une bonne pollinisation.

  • Traitement des maladies par les préparations en biodynamie qui renforcent le lien de la vigne à ses forces archétypales (la maladie n’est qu’une déficience de santé) et par des tisanes régulières de différentes plantes (sauge, oseille, saule, ortie, thuya, ormeau, écorce de chêne, goémon, arnica, prunellier, grande consoude, etc..). Ce sont des plantes médicinales venant de la propriété pour la plupart ou des montagnes où nous les ramassons à des dates propices.
  • Un peu de cuivre est utilisé (bouillie bordelaise : 3 à 5kg de cuivre pur par hectare et par an) mais certaines parcelles n’en ont pas eu depuis 3 ans. Le cuivre est un oligo-élément très utile à la vie. Le soufre est également utilisé; il est aussi très utile à la vie mais nous le remplaçons de plus en plus par le lait ou le petit lait (5 a 1O litres par hectare et par traitement) très actif contre l’oïdium et très sain pour les vignes.
  • Respect de la diversité d’un paysage et à cet effet plusieurs hectares plantables en appellation restent des friches ou des prés :   la diversité de la vie animale et végétale qui en résulte représente indirectement une source d’équilibre pour le lieu et une  richesse accrue de la vie organique des sols donc de l’expression de l’effet terroir.
  • Utilisation des bois de nos plus vieilles vignes pour faire nos ceps. Le vignoble a presque mille ans d’existence et il convient de garder la typicité de nos chenins parfaitement adaptés à notre propre AOC, la Coulée de Serrant. A l’inverse d’un clone il faut 6 ans avant une vendange significative ! 
  • Taille pour un rendement limité à 2O à 25 hectos / hectare en moyenne chaque année soit presque la moitié de ce qui est autorisé. Ceci permet à tous les millésimes  d’être de très haut niveau et aussi d’éviter les chaptalisations (aucune sur la Coulée les 15 dernières années).
  • Vendanges en 3 a 5 tries pour être sûr que chaque grappe de raisin a la maturité optimale sur une période de 3 a 4 semaines.

Tous ces points concernent  nos 3 vins et nos 3 AOC.