Retrouver un art agricole

La biodynamie

La biodynamie offre un autre regard sur l’agriculture. Il s’agit d’appréhender un autre rapport au monde, et à ce qui l’anime. Loin des approches scientifiques classiques, elle trouve ses origines dans les nombreux travaux de Rudolf Steiner qui, au début du XXe siècle, y consacra une partie de sa vie. La biodynamie puise également ses racines dans les vestiges de cultures ancestrales.

Retrouver un art agricole

Son approche

Son approche est basée sur le constat que la terre reçoit la vie, et ne la possède pas. Ses rapports de force sont orchestrés par ce qu’on appelle le système solaire qui génère des actions énergétiques, que l’on peut simplifier par les termes « attraction solaire », « gravité ». En réalité, ces forces font écho à des mouvements complexes issus des planètes. Leurs rotations, leurs déplacements impactent la vie sur Terre, et celle notamment des végétaux.

Les préparations en biodynamie agissent un peu comme de minuscules émetteurs et récepteurs, liés à des processus précis, qui peuvent générer, sur un plan visible par exemple, une remarquable vie microbienne. Également, elles permettent, sur un plan qualitatif, d’ouvrir les plantes qui se nourrissent de ce « microcosmes » à une harmonie, un équilibre porteur de forces rajeunissantes désignées par le mot « santé ».

L’immense porte ouverte par Rudolf Steiner en agriculture a permis d’expliquer les arrière-plans énergétiques du monde physique, ou si l’on préfère, les tenants et les aboutissants de ces matrices de forces, qui permettent à la Terre de porter ce que l’on appelle la vie, dont la nature, au sens le plus large, en est une illustration.

Tout ceci peut se mesurer qualitativement, et non pas quantitativement. Ce que l’on aime dans un vin, ou par exemple dans une peinture réalisée par un grand peintre impressionniste qui a dépassé le plan terrestre, c’est ce qui est issu d’un monde qualitatif, céleste ou solaire. C’est pour cela qu’il nous réjouit. L’art est une élévation du monde matériel. En agriculture, il doit en être de même, et c’est le sens même du terme « élevage ».

D’une certaine manière, la biodynamie crée un lien à ces mêmes matrices de forces. Prenons l’exemple d’une vigne. Les minuscules bourgeons qui sont à peine visibles au mois de mars vont devenir des branches, des feuilles, des fleurs, puis du raisin. Plusieurs tonnes de matière apparaissent ainsi sur chaque hectare en six mois. On considère que 94% de cette matière dont on a retiré l’eau (elle est nommée la matière sèche) vient de la photosynthèse, et donc de l’habileté de la vigne à bien saisir ces énergies solaires, planétaires, stellaires et à les incarner.

C’est cela la grande spécificité de la biodynamie : agir au moment où l’énergie devient matière ! Elle agit sur le plan énergétique, et donc seulement indirectement sur le plan physique. C’est en ce sens qu’elle diffère totalement de l’agriculture biologique. Quelques grammes par hectare de préparations ne peuvent avoir un effet sur le plan physique. Mais sur le plan énergétique, c’est essentiel. C’est de là que la biodynamie tire sa puissance, et surtout à notre époque, où les énergies vitales n’ont jamais été aussi faibles. C’est de là que vient son habileté à faire des vins « meilleurs ». Et c’est l’inverse que l’on fait quand on utilise ces terribles désherbants ou produits systémiques, qui empoisonnent la vie des sols et de la sève.

Voilà comment l’agriculture peut redevenir un art :
l’art de comprendre et utiliser à bon escient les forces qui donnent vie à la Terre.

C’est avant tout cela, la porte ouverte par la biodynamie.

Et c’est grâce à cela qu’elle se développe en viticulture, car elle touche une clientèle de passionnés de plus en plus sensibles à la vérité d’un goût.